La revue de presse : banlieue, pavillon, Colombie et Dujardin

Du 27 février au 2 mars 2012
Tweeter, les alertes, Facebook, c’est net : tout est sur Internet. Pourtant, même en 2012, les journaux existent encore. Monsieur G vous propose la sélection de ses infos qui n’ont pas forcément pris le train du train-train médiatique. Des morceaux choisis de cette presse certes groguis où il reste, pourtant, de bonnes infos.


LA PHRASE. Lundi 27 février.  Décidemment, la banlieue est une thématique qui ne fait pas recette durant la campagne présidentielle. L’initaitive du collectif AClefeu, crée à Clichy-sous-Bois après les émeutes de 2005, qui a investit un hôtel particulier dans la capitale pour mobiliser les candidats, a eu le mérite de s’inviter au débat et pousse les médias à dresser l’état des lieux. Libération a choisi de se rendre à La Courneuve, là où Nicolas Sarkozy avait parler « karcher », « voyous »… Sept ans plus tard, « rien n’a changé » indique le titre du quotidien. L’absence de perspective de travail, l’augmentation des loyers a des conséquences sur les habitudes de vie non négligeable. Un constat appuyé par la confidence de deux jeunes femmes, Elodie, 20 ans et Laeticia, 22 ans : « Nos parents, c’étaient l’alcool. Maintenant, les gens fument des joints comme ils fumeraient  des cigarettes. Tout ça, c’est normal. » Illustration d’un malaise persistant pour une population abandonnée des pouvoirs publiques.
LE CHIFFRE. Mardi 28 février. 24 903. C’est le nombre d’enlèvements en Colombie depuis… 16 ans. Des statistiques, publiées entre autre par Le Figaro, à la loupe à l’heure où les FARC, la guerilla indépendantiste colombienne, a annoncé l’abandon du recours aux enlèvements de civils. De plus, ils ont promis de libérer ce qui était encore retenu en otage. Le Figaro alimente son article d’une carte du pays d’Amérique du sud, avec la répartition des 77 prises d’otages commises par les Farc en 2011. La guerilla serait affaiblie, le nombre de ses partisans ayant été divisés par deux ces dernières années (9000 soldats). Si cette volonté affiché se réalise, il s’agirait d’un tournant historique pour la Colombie, en proie depuis 1964 à l’activisme des FARC.
LA UNE. Mercredi 29 février. Des pavillons couleur Marine. Une élection présidentielle ne peut se résumer à un match entre plusieurs personnalités politiques. C’est aussi l’occasion de sonder la population, de découvrir des mouvements de société qui, lentement, transforment la nation. La une du Monde met en valeur une étude de l’IFOP sur la façon de voter de la population, en associant choix électoraux et logement. L’étude prouve qu’il y a en effet un « lien entre l’éloignement des centres urbains et le vote. » Conclusion, comme le prouve le titre de cette une : « la droite culmine à 50 km de Paris ». Un phénomène « sensible » dans l’ensemble du pays » : dans les zones situées à 50 kilomètre d’une aire urbaine de plus de 200 000 habitants, dites « grand périurbain », Nicolas Sarkozy  réalise ses meilleurs intentions de vote, avec 26%, score identique que… Marine le Pen. Si le score de Hollande est également autour de 25%, il est bien plus bas que dans les zones périurbain ou rural. L’exemple du monde, la commune de Mormant, en Seine-et-Marne, illustre cette études. Les pavillons résidentielles, les lotissements fleurissent dans ces campagnes, attirant les actifs, souvent urbains, pour les bas tarifs en matière de logement. Le reportage montre les difficultés pour les militants socialistes locaux de convaincre. Car, ici, « on vote Marine ». Explication, toujours extraite du Monde, de Michel Bussi, professeur de géographie : ces choix électoraux sont liés à « des frustrations sociales » générés par « un mélange d’éloignement choisi et de relégation subie ».
L’HISTOIRE. Jeudi 1er mars. Haut fonctionnaire recherche bureau rose. « On est jamais trop prudent ». L’adage populaire vaut pour tout le monde.. Même pour les hauts fonctionnaire. Le Parisien revient sur « ces hauts fonctionnaires qui jouent la victoire de la gauche ». Dans la haute administration, nombreux seraient ceux qui prennent contact avec les socialistes. Selon le quotidien, « les députés PS ont vu arriver dans leurs réunions, de jeunes talents venus de ministère stratégiques prêts à mettre leur compétence aux services de la nouvelle opposition ». Un phénonmène difficile à maitriser même si le directeur de cabinet d’Alain Juppé aux affaires étrangères a effectué un rappel à l’ordre. Derrière ces mouvements, un véritable malaise de la profession, déjà manifesté par plusieurs hauts fonctionnaires dans une tribune du Monde par un groupe anonyme appelé Cavignac. Pour eux, seul Hollande est « le moyen de revenir à un Etat neutre ». Les cinq ans de mandat de Sarkozy auront donc eu un impact conséquent, même dans des professions que l’on ne pourrait soupçonner.
L’IMMERSION. Samedi 3 mars. Bedos dans son jardin. Comment raconter de façon original cette nuit de dimanche à lundi où quelques miliers de Français ont attendu trois heures du matin pour entendre « Jean Dujardin » prononcé dans le Kodak center de Los Angeles. Décalage horaire oblige, l’ensemble de la presse salue la performance de the Artist seulement le mardi. Mais il a fallu attendre samedi pour avoir le récit le plus original de cette soirée. Marianne a en effet envoyé son chroniqueur Nicolas Bedos à Los Angeles, encourager son « ami » Jean Dujardin. L’humoriste joue avec les mots comme il sourit à une femme : avec plaisir. Un plaisir communicatif pour un récit qui se déguste comme un cosmopolitan bu avant la Fashion week. Morceaux choisis…
… De réalisme : « En fait c’est du boulot. Certains collectionnent les papillons, d’autres les miliards, lui les prix. »
… D’élégence sur la promotion : « Des miliers de votants à draguer, des dizaines de projection à privatiser (…), des farandoles de dîners mondains et de « Nice to meet you,  mon chou ». Il ne manque plus que le doigtage de vache au salon de l’agriculture pour épuiser le parallèle électoral. »
… De chic : « La suite (après la cérémonie NDRL), c’est de l’alcool. La suite, c’est des suites d’hôtels qui se visitent à vélo, des très jolies filles qui n’ont rien à faire là et des lauréats qui ont bien trop à faire. »
Parfois, jouer avec les mots suffit à ravir un lecteur. Et, surtout, à donner à voir beaucoup plus que la petite lucarne qui trône dans le salon. A la semaine prochaine !

A propos Ludanslapresse

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