La revue de presse : Homs, Valence, Paris, Etats-Unis

La semaine, du 20 au 25 février

LA PHRASE. Lundi 20 février. Chronique habituel de la crise. Difficile, même en cherchant des informations décalées, oubliées, seulement rangées dans les pages noircis des journaux, sans évoquer la crise. C’est la phrase de la semaine, extraite dans un article de Libération : « Je n’ai pas besoin de sexe, le gouvernement me baise tous les jours ». Ce message, certes cru, provient « d’une vaste banderole brandie dans la capitale, près de la palce de Cibeles » ajoute l’article. C’est derrière cette banderole que manifestait des dizaines de miliers d’Espagnols, le week-end précédent, pour « s’opposer à une réforme du marché du travail ». Ce que prévoit la réforme ? Réductions des indemnités en cas de licenciement, les vagues de licenciements ne sont plus soumises à un accord préalable avec les syndicats. Libé rappelle que l’Espagne devrait passer « d’ici l’été » la barre des 5 millions de chômeurs.
L’ENQUÊTE. Mardi 21 février. Les primaires républicaines ne sont pas seulement une histoire de fric où les candidats se battent à coup de clips. Et le « one and one » entre Rick Santorum, dernier challenger et Mitt Romney dans sa course à l’investiture, n’est pas seulement une question d’égo, de parcours ou de religion (Mitt Romney est mormons, ce qui affole les plus catholiques des républicains). Il s’agit aussi d’une « guerre des valeurs » comme le titre Le Figaro en page 2. L’article reprend l’histoire d’un parti conservateur, dont les failles, les différents idéologiques entre les focons et la base, sont autant d’explication pour comprendre l’Amérique. L’anticommunisme, ciment d’une « base conservatrice qui ne se reconnaît plus dans le libéralisme consensuel des élites industriels » dans les années 60, le ralliement des chrétiens conservateurs du Sud au Parti républicain après la libéralisation de l’avortement  à la fin des années 70… Et aujourd’hui, de nombreux conservateurs se reconnaissent davantage dans la candidature de Santorum, catholique intransigeant, plutôt que dans celle de Mitt Romney « jugé trop modéré et sans conviction ». Ce dernier souffrirait « d’un rejet de l’establishment ». Reste à savoir si les puissants lobbys ultra conservateurs sauront, à coup de millions, d’envoi de mails et de persuasion, renverser une élection qui, vu de l’autre côté de l’Atlantique, n’a jamais autant ressembler à un feuilleton. A suivre : le « super Tuesday » qui prévoit 10 primaires ou caucus, le 6 mars prochain.
L’HISTOIRE. Mercredi 22 février. Et si la participation aux élections présidentielles ne dépendaient ni des idées, ni des candidats ? C’est en tout cas une hypothèse formulée dans La Croix, qui pointent un aspect quelque peu oublié : les vacances. Très sérieusement, le quotidien rappelle que « contrairement aux Etats-Unis », l’élection en France « ne suit pas de calendrier fixe ». Hors, c’est « la quatrième fois consécutive que les présidentielles se déroulent pendant les vacances de Pâques ». Pire, au premier tour, les trois zones de la carte scolaire seront alors concernés par les vacances ! Mais La Croix rassure ses lecteurs consciencieux : « les conditions de recours au vote par procuration ont été assouplies depuis 2002 » rappelle le quotidien. Toutefois, si le président actuel, candidat récent, aimerait changer le calendrier, sans contrepèterie fâcheuse, sachez qu’il n’a pas le choix… dans la date. Et ce pour cause de l’article 7 de la constitution.  Mais bonne nouvelle :  au lieu de dire à vos amis que vous êtes allé à la pêche, 2012 vous offre la possibilité de dire « j’étais en vacances ».
LA UNE. Jeudi 23 février. Parfois, les mots se suffisent à eux seuls. Oubliés les images, les récits, les chronologies. Jeudi, Libération a consacré sa une à un reportage de Jean-Pierre Perrin, envoyé spécial à Bab Amro, quartier de Homs pillonné par l’armée fidèle à Bashar El-Assad. « Dans l’enfer de Homs » titre le quotidien qui agrémente le début de l’article d’une photo, vraisemblablement prise d’un téléphone portable, d’un homme, bandé à la tête, qui semblent pleuré un jeune enfant, le torse nu et les yeux fermés. Une description étouffante, où le temps semble suspendus, où les rares témoins à croiser le regard de l’envoyé spécial sont des habitants du quartier qui, à force de patience et d’abnégation, deviennent les héros d’un quotidien intenable.
« Le pilonnage du quartier est si violent que le silence est rare. Pourtant, entre deux salves d’obus, on entend le chant des coqs, singulier et unique rappel que la vie n’a pas renoncé dans la ville agonisante, et qu’elle persiste coûte que coûte. » (conclusion de ‘Dans l’enfer de Homs‘ de Jean-Pierre Perrin)
Un article, ovni de la presse écrite par son intensité, salué par l’ensemble des confrères comme certains politiques. L’occasion pour Tweeter de n’être pas une machine à détruire, à critiquer, mais à saluer, à rendre hommage. Jean-Pierre Perrin à mis des mots sur une situation catastrophique. Des mots, là où Rémi Ochlik, photojournaliste de 28 ans, lui, préféraient la photo. Un talent immense, débuté en 2004 quand, à 20 ans, il prétexte à sa mère une semaine de vacance au ski pour partir à Haiti couvrir la chute du président Aristide. S’en suivra le Congo, la Tunisie, la Libye et la Syrie. La photo, son mode d’expression, pour offrir son regard aux lecteurs, pour qu’ils ressentent. Mercredi, il est tombé sous une salve d’artillerie du régime. Honorer sa mémoire, c’est suivre la situation en Syrie et dénonçer simplement des exactions injustifiables à notre époque.
LES CHIFFRES. Vendredi 24 février. On le savait, un journal ne sert pas seulement à le lire. Son usage est multiple : à mettre sur la table pour ne pas faire tomber les épluchures, à allumer le feu, à se protéger du soleil (ce qui est difficile en France actuellement) bref, à oublier les caractères imprimés pour préférer le support. Le Parisien remet à la mode le journal au sol. Non pas pour peindre les murs, mais pour comprendre, décrypter les prix de l’immobilier dans la capitale. On y apprend qu’une double page du Parisien équivaut à 0,224 m2 soit… 2 934€ dans le VIe arrondissement et 1 474€ dans le XIXe. Des chiffres à mettre en parallèle avec ceux issus d’une enquête de l’INSEE, quelques jours plus tôt, sur ce que gagnent réellement les Français. C’était trois jours avant, également dans Le Parisien. Le salaire moyen d’un Français est de 1605€ par mois. Suffisant pour comprendre qu’à Paris, ce que touchent les salariés est à diviser, dès le début du mois, au chèque pour se loger.

A propos Ludanslapresse

Tweeter, les alertes, Facebook, c'est net : tout est sur Internet. Pourtant, même en 2012, les journaux existent encore. En région surtout. Embarquez, chaque jour, pour un petit tour de France, toujours cocasse, de l'actualité.
Cet article, publié dans Grand ouest, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s